De la culture en lingots
La plus jubilatoire des gérontophilies est celle qui se veut
littéraire. Je ne connais rien de plus passionnant que les vieux
écrivains qui se penchent sur leur œuvre et leur parcours, qui
affichent une vision personnelle du monde, acquise de haute lutte
face aux années, témoin de leur maturation.Je n’ai rien lu d’autre à ce jour de Philippe Sollers, mais cet entretien avec Franck Nouchi nous donne un aperçu du continent ignoré que représente son œuvre, d’autant plus que Sollers, plutôt avare en modestie, aime à se citer lui-même et à se prendre comme référence.
A la fois traditionnel et éparpilleur de dogmes, il
oscille entre le respect des fondements de son éducation et la
pensée la plus libre qui soit. Partout et nulle part, il
s’authentifie comme un pur spécimen d’anarchiste de droite, à
l’âme transparente et contradictoire.
Composé en pleine période d’attentats, ils
devisent de l’islam et du Coran jusqu’à rappeler avec
gourmandise que Rimbaud qualifiait celui-ci de « sagesse
bâtarde » et qu’aujourd’hui de tels propos vaudraient
excommunication médiatique.
Pour conclure, le testament d’un homme de culture
qui lui a consacré sa vie, qui en a fait le serment d’apprentissage,
d’accumulation et de restauration.
Un livre sur quelques passions françaises, du
Maoïsme au catholicisme ; c’est un plaisir de discuter (si
les livres sont des discussions) avec un écrivain aussi iconoclaste
et insaisissable.
Samuel d’Halescourt
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